CHATEAUROUX CITOYEN
Antoine Léaument
Tribune d’Antoine Léaument, tête de liste de «Châteauroux citoyen».

Les 15 et 22 mars prochain, Gil Avérous demandera aux électeurs de Châteauroux de le réélire pour six années de plus. Un de ses arguments principaux sera sûrement sa réputation de bon gestionnaire, celle d’un homme qui dépenserait l’argent public avec parcimonie et prudence. Pourtant, à l’opposé de cette image rassurante qu’il essaye de se construire, il est responsable de l’un des projets les plus inutile et coûteux qu’on n’ait jamais vu à Châteauroux et dans son agglomération.

Ozans : fiasco à tous les niveaux !

Il s’agit de la zone d’activité d’Ozans, située sur les communes d’Étrechet et de Diors. Commencée en 2010 par son mentor Jean-François Maillet, pour lequel il travaillait, cette idée délirante a été poursuivie par Gil Avérous en personne lorsqu’il est devenu président de la communauté d’agglomération de Châteauroux (CAC) en 2014. Le but était, par un partenariat avec un fond chinois, de faire venir des milliers d’emplois à Châteauroux. Du moins était-ce le rêve naïf que M. Avérous et son prédécesseur ont essayé de nous vendre. Car 10 ans plus tard, les emplois ne sont pas là. Le seul résultat est un énorme et ridicule fiasco : 120 hectares de sols naturels bétonnés et un « centre d’innovation et de technologie » de 4400 mètres carrés, construits pour accueillir moins d’une dizaine d’emplois.

L’argent des Castelroussins et de tous les habitants de la CAC (aujourd’hui « Châteauroux Métropole ») a donc été jeté par les fenêtres. Gil Avérous a prévu en 2014 d’investir 90 millions d’euros sur 10 ans dans la zone d’activité. Depuis 2015, c’est près de 9 millions d’euros qui ont été effectivement dépensés pour rien. Cet argent des poches des citoyens qui payent leurs impôts locaux. Cela représente plus d’une année entière de ce que dépense la communauté d’agglomération pour les transports en commun. Pour le dire autrement, si nous n’avions pas perdu nos euros dans des illusions, nous aurions pu dépenser chaque année, pendant 5 ans, 20% de plus pour améliorer nos bus ; ou encore en acheter d’autres, embaucher des nouveaux conducteurs pour augmenter leurs plages horaires et le nombre d’arrêts. Autant de choses qui auraient été utiles aux Castelroussins. Est-ce cela que Gil Avérous appelle « bien gérer l’argent public » ?

Rendez l’argent !

Ce n’est pas tout. Gil Avérous se couche face à des grands groupes multinationaux qui nous ont roulés dans la farine. Toutes les promesses qui nous ont été faites étaient fausses. Mais nous ne leur demandons aucun compte. Au contraire, nous continuons, chaque année de déverser à fonds perdus de l’argent public. Nous ne sommes pas obligés d’avoir une attitude si soumise. Nous pourrions demander aux actionnaires de passer à la caisse.

Par exemple, l’entreprise de logistique GSE, filiale du mastodonte allemand Globeck (2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires), a reçu un permis de construire en 2015 pour établir à Ozans une gigantesque plateforme logistique. 5 ans plus tard : pas un seul coup de pelle ! Pourtant, le cahier des charges établi en 2012 prévoyait des règles. Notamment l’obligation d’avoir terminé les travaux deux ans après la délivrance du permis de construire. Et si cette obligation n’est pas respectée, ce qui est le cas ici, ce document prévoyait des sanctions financières. Pourquoi M. Avérous n’a-t-il rien demandé à GSE et aux autres ? Ils doivent rendre l’argent.

Balsan’éo : la folie des grandeurs à nos frais !

L’échec de la zone d’activité d’Ozans n’a pas guéri notre maire de sa folie des grandeurs. Son mandat a été marqué par un autre grand projet très cher : la piscine Balsan’éo (dite « centre aquatique », pour faire chic). Cette piscine est dimensionnée pour une fréquentation trois à quatre fois supérieure à celle cumulée des piscines castelroussines actuellement en fonctionnement. Sa construction coûte 34 millions d’euros dont… 26 millions d’euros à la seule charge de l’agglomération ! En 2018, le coût du chantier représentait à lui seul 60% de toutes les dépenses d’investissement de « Châteauroux Métropole ».

Évidemment, la gestion et la maintenance de l’équipement ont été confié à une entreprise privée, Axima, filiale d’Engie (61 milliards d’euros de chiffre d’affaires) pour un coût qui pourra aller jusqu’à près de 800 000 euros par an (770 662, très exactement). Cette piscine est démesurée. Elle est condamnée à être sous-utilisée. Et qui va payer ? Les Castelroussins, par leurs impôts.

Le 15 mars, faites de Châteauroux la commune du peuple avec Châteauroux Citoyen

Gil Avérous est l’héritier d’un modèle économique du passé qu’il faut mettre à la poubelle. Partout, depuis les années 1990, les grands projets inutiles ont montré leurs effets néfastes sans tenir jamais aucune de leurs promesses. Ils ne servent que les intérêts de quelques grandes multinationales qui s’en mettent plein les poches sur notre dos. Pour en sortir, je propose avec « Châteauroux Citoyen » de s’en remettre au peuple : plus aucun grand projet imposé au niveau de la ville ou de l’agglomération sans consultation populaire. Cela veut dire concrètement : un référendum automatique pour tout projet d’investissement qui dépasse 10 millions d’euros. 

Ma deuxième proposition, c’est le coup de balai. Cela commence en votant pour la liste « Châteauroux Citoyen » les 15 et 22 mars prochains pour tourner la page, dans notre ville, de ce système absurde. Mais cela ne suffit pas. Nous devons regarder minutieusement les conditions dans lesquelles notre argent a été dépensé et les moyens d’en récupérer la plus grande partie. C’est pourquoi je propose avec « Châteauroux Citoyen » la création d’une commission « où est passé notre argent ? » composée de citoyens tirés au sort, d’experts et d’élus pour enquêter sur ces deux grands projets inutiles. Et pour éviter que les marchés publics ne soit l’occasion de magouilles, nous proposons aussi la création d’un jury de citoyens chargés de surveiller l’attribution des marchés publics.

Enfin, il faut un nouveau modèle de développement pour Châteauroux. Nous ne deviendrons jamais une colonie chinoise ou un village vacances. Cela n’est ni possible, ni souhaitable ! Nous devons cesser de compter sur l’arrivée magique de sauveurs de l’extérieur pour vaincre le chômage. Il faut partir de nos besoins : nous soigner, nous déplacer, mieux manger et surtout réduire les effets du changement climatique. En nous basant sur tout cela, nous pouvons avoir une politique économique qui crée des emplois tout en favorisant le local et le bien-être. Elle passe par l’ouverture de maisons de santé, de supérettes municipales, par l’aide à la rénovation des logements, la production locale d’énergie renouvelable, par l’implantation d’industries vertes, etc. Toutes ces propositions sont incluses dans le programme de « Châteauroux Citoyen ».

En mars prochain, nous pouvons, ensemble, faire de Châteauroux la commune du peuple. C’est à dire à la fois la commune où les citoyens sont maîtres dans leur ville, mais aussi celle où la ville répond d’abord à leurs besoins plutôt qu’aux idées – extravagantes et coûteuses – d’un seul homme. Pour réaliser ce changement, un seul bulletin de vote : celui de la liste « Châteauroux Citoyen » que j’ai l’honneur de conduire en tant que tête de liste. Cela ne tient qu’à vous. Le 15 mars, ne restez pas chez vous. Aux urnes ! Votre bulletin de vote est, pour une fois, la clé d’un vrai changement. C’est le moment de saisir cette chance avec « Châteauroux Citoyen » !

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