CHATEAUROUX CITOYEN
antoine leaument chateauroux citoyen
Tribune d’Antoine Léaument, tête de liste de «Châteauroux citoyen».

Dans cette campagne municipale, nous nous sommes engagés à ne pas céder un centimètre de terrain au Rassemblement national (RN, ex-FN) de Mylène Wunsch, tête de liste pour ce parti à Châteauroux. Nous l’avons fait en répliquant aux attaques racistes qu’elle a portée sur Twitter contre notre programme (sur lequel figure un homme noir en couverture) et en déposant plainte contre elle sur ce sujet.

Mais nous voulons aujourd’hui donner la réplique au RN sur un autre sujet : la sécurité. Un article de France Bleu nous apprend que Mylène Wunsch compte faire de cet enjeu sa priorité. De belles paroles, mais peu argumentées. Elle explique : « L’insécurité dans la ville de Châteauroux, ça peut paraître difficile à comprendre mais c’est quelque chose qui nous a été reporté par de très nombreux Castelroussins. (…) Il y a le trafic de drogue, les incivilités dans les bus, les jeunes femmes notamment qui ont un peu de difficultés à sortir seules le soir ».

D’abord on se demande si Mylène Wunsch a vraiment interrogé les habitants pour construire son programme. L’insécurité est bien un problème évoqué quand on organise des assemblées citoyennes de quartier. Mais il ne vient jamais seul, et toujours avec d’autres questions comme le manque de commerces dans les quartiers, le manque de personnel dans les écoles, le manque de médecins et, d’une manière générale, le manque de services publics hors du centre-ville. Voilà bien la première préoccupation des Castelroussins qui n’habitent pas entre la préfecture et la place La Fayette : remettre de la vie dans les quartiers. D’ailleurs, tout est lié : la présence de services publics, de petits commerces renforce la sécurité dans un quartier. Tout n’est pas qu’affaire de policiers mais tout est affaire de présence humaine et de lien social.

La sûreté publique pour mot d’ordre.

Mais nous ne voulons pas laisser penser que les sujets d’insécurité ne nous préoccupent pas. Dans notre programme « Châteauroux, commune du peuple », nous consacrons un chapitre à ce que nous appelons non pas la « sécurité » mais la « sûreté publique ». Une expression qui recouvre des éléments bien plus larges que la seule « sécurité » et qui fait référence à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen qui fait de la « sûreté » un droit imprescriptible.

La différence est importante car, contrairement à la « sécurité », la notion de « sûreté » inclut la protection contre l’arbitraire… y compris celui qui peut venir d’un pouvoir prétendant assurer la « sécurité » ! Les Gilets jaunes, les syndicalistes, et globalement toutes celles et ceux qui ont déjà manifesté sous Macron ne savent que trop combien des armes de guerre (LBD notamment) prétendument achetées pour garantir leur « sécurité » se sont retournées contre eux et leur droit à la « sûreté », c’est à dire à manifester librement son opposition au pouvoir : 25 yeux crevés, 5 mains arrachées, 2 morts. Voilà le bilan.

Mais ils ne sont pas les seuls. Depuis des années, de nombreux citoyens de notre pays subissent l’arbitraire des contrôles au faciès. Cette réalité est inconnue des gens qui n’ont pas à les subir. Il faut donc la nommer et la nommer crument. Certaines personnes, à cause de leur couleur de peau, sont contrôlées régulièrement, c’est à dire non pas plusieurs fois par mois ou plusieurs fois par semaine mais parfois plusieurs fois par jour ! Là encore, les forces de « sécurité » peuvent devenir, par arbitraire, une menace pour la « sûreté », c’est à dire au fait de pouvoir se considérer comme un citoyen à part entière ayant sa place comme n’importe quel autre dans la communauté nationale. Et en tenant des propos racistes sur Twitter parce que la couverture de notre programme représente un homme noir, madame Wunsch ne comprend pas qu’elle aussi menace la sûreté de nos compatriotes de couleur. La police ne peut pas faire son travail de service public si un lien de confiance profond et réciproque n’est pas établi avec la population. C’est pourquoi lutter contre les pratiques discriminatoires est une tâche primordiale de sécurité en même temps qu’une garantie de la sûreté.

Police nationale, police municipale : chacun son métier, chacun ses missions !

La « sûreté » recouvre donc, on l’a vu, un champ plus large que la seule « sécurité » que dit vouloir assurer madame Wunsch. Il faut affirmer une chose de manière forte : chacun son métier, chacun ses missions. La police nationale doit assurer les missions qui sont celles que lui confie l’État et la police municipale doit répondre aux besoins des habitants de notre ville par les missions que lui fixe le maire. Connaître et respecter cette distinction est indispensable pour être sérieux en matière de sécurité. L’ignorer, comme le fait Mylène Wunsch, c’est mettre les castelroussins en danger.

Jusqu’à présent, la politique de monsieur Avérous a consisté à utiliser la police municipale pour pallier la baisse des moyens de la police nationale et la réduction du nombre de postes dans notre département. C’est son mentor, Nicolas Sarkozy, qui a initié cette réduction avec le non emplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Les soi-disant experts de la sécurité nous privent des fonctionnaires indispensables à l’assurer ! Bilan : partout, les missions de la police municipale ne cesse de grignoter celles de la police nationale.

LBD, armes à feu : pourquoi nous proposons une police municipale sans ces armes

Avérous, Wunsch… finalement, à la droite et l’extrême droite, ce sont les mêmes méthodes qui prévalent : une police municipale armée, sous l’autorité d’un maire qui en dispose comme il l’entend et qui accompagne le désengagement de l’État. Voilà le modèle qu’on nous propose. Nous voulons prendre le contrepied de ces pratiques. Cela commence d’abord par supprimer aux policiers municipaux les LBD et armes à feu. Pourquoi ? Pour deux grandes raisons. L’une est philosophique et l’autre est pratique.

Commençons par la motivation philosophique. Elle n’a pas été centrale dans notre décision mais elle a son importance. Pour le sociologue allemand Max Weber, nos États modernes se sont constitués autour de l’obtention progressive d’un « monopole de la violence physique légitime ». Comprenez : l’État est la seule structure dont on a peu à peu accepté qu’il punisse physiquement (par la privation de liberté, notamment, mais le « maintien de l’ordre » en fait aussi partie) dans les limites fixées par le cadre de la loi. C’est ce à quoi ont consenti nos sociétés pour éviter que les différends ne se règlent à coup de points, de duels, de vendettas et de violences locales. En acceptant de menacer l’État dans ce monopole-là, on l’affaiblit… d’autant plus qu’on l’attaque sur l’un de ses fondements. Et même si l’État macroniste n’est pas juste dans son usage de la violence physique et qu’il l’utilise de manière illégitime (en dehors du cadre prévu par la loi), on ne peut considérer pour autant qu’il est bon que se multiplient les structures détentrices d’une capacité de violence mutilante (LBD) et létale (armes à feu).

Voici pour la théorie. Mais nos motivations sur ce point sont surtout pratiques ! Nous pensons en effet que la police municipale ne doit pas être crainte mais respectée. Quand on demande à gil Avérous pourquoi il a décidé de donner des LBD à la police municipale, il répond en parlant des nuisances à la sortie des bars. Irresponsable ! Des LBD pour gérer des personnes alcoolisés, c’est le drame assuré. Nous voulons des gardiens de la paix, pas des cow-boys surarmés ! Il est indispensable que nos policiers municipaux soient vus comme des habitants de notre ville ayant un rôle de médiation et d’apaisement plus que de violence. Cela facilitera leur tâche au quotidien. Mais la condition indispensable est conséquemment de changer les missions actuellement confiées à la police municipale. À l’État d’assumer les tâches de police nationale ! Avec nous, la ville de Châteauroux confira à la police municipale le rôle d’être une police de proximité avec des commissariats de quartier et d’être d’une force de médiation plus que de sanction. Nous élargirons aussi ses missions aux risques environnementaux.

Des propositions de bon sens pour la sûreté publique

Lors de nos porte-à-porte, les gens parlaient de ce qui trouble l’ordre public. La ville de Châteauroux n’est pas globalement touchée par des problèmes lourds d’insécurité. Il est vrai que la situation varie selon les quartiers, et les sujets de mécontentements aussi. Mais une chose revient dans tous les échanges. Que cela soit pour un petit tapage ou pour du trafic de drogue, quand on appelle la police : elle ne vient pas. Dans les quartiers, elle parait absente, la police d’Avérous. C’est pourquoi nous proposons d’embaucher des policiers municipaux et d’ouvrir des commissariats dans les quartiers.

Ce qui ressort surtout, quand on donne la parole aux citoyen, ce sont les « incivilités ». Le bruit en bas de certains immeubles ou chez les voisins, les rodéos urbains, les gens qui jettent des papiers par-terre ou carrément des poubelles par la fenêtre, les gens alcoolisés et bruyants la nuit dans la « rue des bars », la circulation trop rapide des voitures sur certains axes, les gens qui font comme s’ils étaient tout seuls dans les bus aux heures de pointe, les voitures rayées ou abîmées la nuit à Saint-Denis… voilà ce dont on nous a parlé.

Face à tous ces problèmes, il y a des solutions. Elles ne demandent ni LBD, ni armes à feu. Elle demandent des réponses adaptées et simples au cas par cas. Commençons cependant par en donner une, qui en englobe plusieurs. Le point 32 de notre programme propose la création d’« une unité de tranquillité et de médiation composée de volontaires formés et rémunérés pour assurer des tâches, définies en lien avec la police municipale, de médiation, de prévention des comportements inciviques ou anti-écologiques ». Face aux incivilités en tous genres, nous pensons en effet que les habitants des quartiers sont les plus à même de savoir comment apaiser les choses pour faire régner non pas l’ordre mais la sérénité d’une vie collective où chacun respecte l’autre.

Nous savons qu’une telle unité ne répond pas à tous les problèmes d’un coup. Bien sûr, elle pourra faire baisser les nuisances sonores et signaler qu’on ne jette ni papiers ni poubelles dans la rue. Mais nous avons listé plus haut un certain nombre d’autres problèmes auxquelles nous pouvons apporter des réponses simples et de bon sens.

  • Contre les rodéos urbains et la circulation trop rapide, la solution est simple : ralentir ! Des ralentisseurs peuvent être installés dans les zones les plus bruyantes ; des zones 30 sur les grands axes sans pistes cyclables.
  • Concernant l’alcoolisation et le bruit dans la « rue des bars », pas de LBD ! Le point 33 de notre programme permet d’y répondre de manière spécifique avec deux grandes mesures. Premièrement en établissant un plan d’isolation phonique pour les zones les plus concernées par les nuisances sonores liées à la vie nocturne. Deuxièmement en créant une station nocturne en centre-ville pour accueillir le public après 2h du matin (heure de fermeture des bars) avec des toilettes, de l’eau, des boissons non-alcoolisées, de la nourriture et un accueil afin d’éviter les attroupements dans la rue. Nous proposons aussi au point 10 de notre programme de mettre en place des bus de nuit le week-end pour donner aux gens les moyens de rentrer chez eux et éviter la conduite sous état d’ivresse.
  • Face aux incivilités dans les bus, il faut des agents supplémentaires en plus du conducteur aux heures de pointes. Lorsque les bus étaient payants, c’étaient les contrôleurs qui assuraient ce rôle. On peut rétablir des agents de médiation sans pour autant supprimer la gratuité !
  • Enfin, contre les voitures rayées, nous avons demandé aux habitants si la vidéosurveillance était efficace et utile. On nous a dit que non. Là encore, c’est donc par une présence humaine dans les quartiers qu’on pourra faire mieux et régler ce problème.

On le voit, en matière de sûreté publique, ceux qui proposent des solutions concrètes, ce ne sont pas ceux qui font les gros bras. Ce ne sont ni madame Wunsch ni monsieur Avérous. Les seuls à proposer des solutions de bon sens et efficaces, ce sont les soutiens de Châteauroux citoyen avec le programme « Châteauroux, commune du peuple ». Ceux qui veulent faire gagner la sûreté publique à Châteauroux en même temps que la justice sociale, l’éthique, l’écologie ou la démocratie savent pour qui voter le 15 mars prochain !

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